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La majorité, ou « al-joumhour » en arabe, désigne linguistiquement la partie principale ou la plus grande partie d’une chose, dans le contexte des savants en Islam, le terme « majorité » fait référence à l’accord de la plupart des savants sur un jugement juridique spécifique, tout en pouvant y avoir un avis divergent parmi eux.
Selon cette définition, lorsque les spécialistes de la jurisprudence islamique s’alignent majoritairement sur une interprétation ou une décision concernant un aspect religieux, cela constitue l’opinion de la majorité. Cette dynamique révèle l’essence collaborative et consultative de la science islamique, où diverses interprétations se confrontent et s’enrichissent mutuellement.
L’un des hadiths célèbres illustrant cette méthode est : « Ma communauté ne s’accordera jamais sur une erreur. » Cela souligne l’importance de la collégialité et de l’accord majoritaire pour renforcer les fondements de la foi et des pratiques islamiques, même lorsque des perspectives variées coexistent.
Dans la jurisprudence islamique, l’expression « savants de la majorité » fait référence aux partisans des quatre écoles de pensée principales : hanafite, chaféite, malékite et hanbalite. Lorsqu’un avis majoritaire est évoqué sur une question juridique, il représente l’opinion de la majorité de ces écoles. Par exemple, si une question offre deux interprétations, l’une selon les chaféites et l’autre selon les « savants de la majorité », cela implique que les écoles hanafite, malékite et hanbalite partagent l’autre avis.
Ces quatre écoles représentent collectivement l’opinion majoritaire dans l’islam sunnite, chacune ayant contribué au développement de la jurisprudence islamique à travers leurs interprétations des textes sacrés.
Les divergences entre les savants islamiques sont un phénomène naturel, directement lié aux textes juridiques pour plusieurs raisons :
Chaque savant développe sa propre méthode pour extraire les décisions juridiques des textes religieux. De plus, les savants diffèrent dans leur évaluation des intérêts religieux qui sous-tendent ces décisions, cette diversité dans les interprétations est en fait une bénédiction pour la communauté musulmane, permettant une certaine flexibilité et évitant des contraintes trop sévères.
Toutefois, cela ne signifie pas que les savants cherchent la facilité pour eux-mêmes, car ils sont tenus de suivre la vérité. Nous suivons ceux qui se rapprochent le plus de la vérité, leur but étant de suivre le Coran et la Sunna. Les divergences surviennent souvent à cause des interprétations ou des analogies différentes qu’ils appliquent.
En ce qui concerne l’interdiction de la division mentionnée dans le Coran, Allah dit :
« Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah et ne vous divisez pas » (Sourate Al-Imran, 3:103)
et
« Ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à diverger après que les preuves leur furent venues » (Sourate Al-Imran, 3:105).
Les exégètes expliquent que la division interdite est celle qui concerne le rejet des messagers. Si un savant contredit une parole du Prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), son opinion est rejetée. Les savants continuent de diverger sur certaines questions tout en étant unis dans leur vénération pour Allah, Son Prophète, et la loi islamique. Chacun d’eux a des preuves pour étayer ses points de vue.
Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit :
« Lorsque le juge juge, il fait un effort d’interprétation et il arrive à une bonne conclusion, il a deux récompenses. S’il fait un effort d’interprétation et se trompe, il a une seule récompense. »